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Lycée Professionnel Maritime
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Mytliliculteur

Un peu d’histoire….
Selon une légende, on attribue l'origine des bouchots à un irlandais qui aurait fait naufrage sur les côtes charentaises en 1235. Seul rescapé de cette aventure, Patrick Walton tendit des filets à marée basse pour capturer des oiseaux. Il s'aperçut que sur les piquets soutenant les filets se fixaient des moules. L'idée lui vint alors de planter des piquets en ligne pour récolter les moules : le premier bouchot était né.
Longtemps, cette technique d'élevage sur bouchots ne s'est pratiquée que sur la côte atlantique française, région où le naissain se fixe naturellement sur les pieux. Le terme « bouchot » vient de la contraction des mots gaéliques désignant bout (clôture) et chout ou chot (bois) : clôture en bois.
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la population vivaraise tenta la culture des moules selon différentes méthodes (sur planches ou pierres), mais les résultats n'étaient pas satisfaisants.
C'est en 1954, au Vivier sur Mer, qu'est née la mytiliculture en Baie du Mont-Saint-Michel. Cette nouvelle activité s'est rapidement développée grâce à la technique d'élevage sur bouchots et à des conditions de milieu tout à fait favorables. Aujourd'hui, le port intercommunal Le Vivier / Cherrueix est le premier port mytilicole de France.
 
Les espèces de moules cultivées en France
 
Il existe deux espèces moules élevées en France :
  • la moule de bouchot ou moule bleue : Mytilus edulis
  • la moule de Méditerranée : Mytilus mytilus galloprovincialis
Les deux espèces peuvent se croiser et engendrer des hybrides.
Entre le captage et la récolte, il faut compter de 12 à 14 mois pour les moules de bouchot et de 8 à 10 mois pour les moules de filière.
 
Le métier
 
La mytiliculture française dispose de 4 méthodes culturales :
  • moules de culture à plat, à même le sol : Le Croisic et la Rade de Brest, Aven, Blavet
  • moules de bouchots : régions de Normandie, de Bretagne, de la Vendée et la Charente
  • moules sur filières, culture de pleine mer : Baie de l’Aiguillon et Méditerranée
  • moules sur cordes : technique propre au bassin de Thau
 
Le cycle d’élevage des moules se divise en plusieurs étapes : le captage, l’élevage et la vente.
 


 Le captage des moules :

 
La reproduction des moules produit des larves qui vont chercher à se fixer pour se développer.
C'est pourquoi le mytiliculteur dispose dans les bouchots de captage des cordes en fibre de coco qui vont servir de support aux larves. Les larves peuvent aussi être captées sur des filières dont les descentes, constamment immergées, sont attachées à une longue aussière, maintenue en surface par des bouées.
 
Quand le naissain a une taille suffisante, il est disposé sur les bouchots d'élevage suivant deux techniques :
  • soit on coupe les cordes de captage en tronçons de 4 à 4,5 mètres qu'on enroule ensuite directement sur les bouchots ;
  • soit on récolte le naissain en excédent sur les cordes ou sur les filières pour le mettre dans des boyaux qu'on disposera ensuite sur les pieux ou sur les filières.
 

L’élevage :

 
Elevage au sol (à plat) :
Il se pratique essentiellement sur l’estran (à coefficient 60/80) à fonds plats, réguliers et sablonneux. Le naissain de 3 à 6 mois (2 à 4 cm) provient généralement des gisements naturels. Après avoir été calibré, l’ensemencement doit être réparti d’une manière uniforme, il est réalisé le plus souvent depuis un bateau en mouvement lent.
 
Elevage sur pieux (les bouchots) : Les cordes chargées de naissain sont expédiées vers les sites d’exploitation et placées sur les pieux, enroulées et fixées en colimaçon pour une durée minimale de 6 mois. Au-delà de cette période, les pieux fortement chargés sont dédoublés et les moules détachées sont mises en boudin fixés ensuite sur d’autres pieux.
 
Ce long travail oblige le mytiliculteur à stocker momentanément le naissain sur des « chantiers à cordes «  implantés sur l’estran. Les cordes garnies y sont étendues dans l’attente d’une mise en place ultérieure et définitive sur des pieux.
 
Les pieux sont en bois de chêne ou autres comme les bois exotiques (palmier importé du Brésil) plus durs donc plus résistants (durée de vie : 10 ans). L’aménagement des zones est réglementé pour limiter l’envasement, améliorer la circulation de l’eau et respecter la masse trophique afin d’obtenir des moules de bonne qualité.
 
Une ligne de pieux représente réglementairement une longueur de 100 mètres pour 110 pieux (Vivier par exemple). Ce nombre peut varié selon les zones.
En baie de l'Aiguillon (Pays de Loire), un bouchot d'élevage mesure 50 mètres de long et comprend 100 pieux répartis sur deux rangées parallèles.
 

 
Elevage en suspension : C’est un élevage d’eau profonde qui utilise tout le volume d’eau grâce aux suspensions. Ces suspensions se situent à 0.5 m au-dessous de la surface de l’eau par 5 à 20 m de fond. Elles sont placées dans des zones protégées du courant et des vents.
 
 
Elevage sur filières : Faute de pouvoir créer de nouvelles zones conchylicoles sur l'estran, il a fallu implanter au large un nouveau mode de culture : les filières. L’élevage se pratique sur une structure flottante à quelques milles des côtes. Les cordes tressées et chargées de naissain sont immergées, tout en étant maintenues en surface par des flotteurs.
 
Toute l’installation est solidement ancrée par le fond à l’aide de blocs de béton accrochés à chaque extrémité.


Une filière est composée d'une aussière qui supporte des cordes immergées par des lests. L'ensemble flotte grâce à des bouées et est ancré au fond par de gros corps-morts
 
La vente : Après passage des moules dans un bassin de décantation, elles sont conditionnées pour la vente (grossistes, vente directe, marché, restaurateurs, poissonniers).

 
Production : 

La production de moules atteint  68 00 tonnes en France dont  2500 tonnes en Bretagne Sud.

 

Pontons mytilicoles bretons  ; Elevage des moules sur bouchots ; Récolte mécanisée à Pénestin.

 

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